Chers lecteurs,
À l’aube d’une catastrophe planétaire qui me semble inévitable, je vous adresse ces quelques mots qui, j’en suis sûr, vous convaincront du bien-fondé de ma démarche.
De quoi parle-je ? Et bien, de partir, mes amis. Oui, de partir, partir loin. Au-delà des étoiles. Vers l’infini, vers le cosmos intersidéral. Vers Jupiter, nom de Zeus.
[Clique sur le titre pour une aventure à couper le souffle, surtout si t’as pas de combinaison spatiale]
Bon, alors, vu que je sur tenu de me justifier sur les raisons de ce départ inopiné, j’aimerais tout d’abord attirer votre attention que des facteurs très persuasifs ont été déterminants dès mon plus jeune âge. Je me souviens de l’un d’entre eux qui, quand j’avais pas plus de 3-4 ans, après m’avoir donné quelques lettres d’amour de mon fanclub, m’a annoncé qu’il été las de son travail à La Poste, et qu’il voulait réaliser son rêve le plus cher : participer à une émission de télé-réalité. Comme vous vous en doutez, j’étais assez dubitatif, puisque cela n’existait pas encore… Mais soit. Je ne pouvais que lui conseiller de faire de la muscu, puisque son CV me paraîssait bien maigre ; aussi, je lui ai donné quelques leçons d’écriture, pour qu’il puisse arrêter de casser mon ersatz de couilles, à me demander tous les 3 jours de l’aider à rédiger une lettre de motivation.
Je fus assez surpris que, non content d’avoir réussi à devenir un authentique Bogoss™, il avait réussi à se trouver des amis aussi myogonflés que lui, et, clou du stecpacle, il avait réussi à écrire une chanson : « Partir un Jour ».
C’est ainsi que germa en moi l’idée de me barrer. Certes, je n’étais qu’un petit garçon plein d’illusions et de rêves hypertrophiés en contenu relatif aux pizzas, aux M&M’s et aux boîtes de Lego. Mais je me découvris très rapidement une âme d’explorateur. Ainsi, j’étais le premier gamin à être allé aux toilettes des filles, pour découvrir ce lieu plein de mystères. Je passais constamment de l’autre côté de la rue, et ce malgré les réprimandes de mes parents. J’ai même découvert qu’il y avait une vie au-delà du 8ème étage de la tour (vu que l’ascenseur était tout le temps en panne, ça a été pendant longtemps la limite qu’on pouvait humainement atteindre par les escaliers).
Puis, avec l’âge, d’autres moyens de transports m’ont été accessibles. Vélo, rollers, solex, poids-lourd ; j’ai tout essayé durant mon adolescence. J’ai été jusqu’à aller au Leclerc qui se situait pourtant de l’autre côté de la ville !
Enfin, vint la majorité. Et avec elle, des possibilités sans limites ; New-York, Seoul, Brisbane, Mexico, Hô-Chi-Minh-Ville étaient des noms récurrents pour l’aventurier que j’étais, puisque j’étais allé jusqu’au faire 10km pour me procurer un globe terrestre.
Toutes ces aventures nous amènent à aujourd’hui. En ce jour béni du mois d’Août, je pense que les conditions atmosphériques sont idéales pour aller faire un petit tour de l’autre côté du système solaire. Quant à la question : « Pourquoi pas une autre planète que Jupiter ? », je n’y répondrai sûrement pas, puisque je me souviens plus du nom des autres (sauf Pluton, mais il paraît qu’elle a récemment perdu son statut de planète suite à un vote au Parlement Américain).
Par contre, comme vous vous en doutez, je pars pour un bon bout de temps… Donc, si quelqu’un pouvait avoir l’amabilité de prévenir mon proprio, j’en serais ravi. Je ne serai malheureusement pas en mesure de payer mon loyer pour les 10-20 prochaines années… Mais je peux lui ramener quelque babiole ou caillou trouvé sur la route en guise de dédommagement.
Sur ce, je vous dis : au revoir. Et n’oubliez pas : plus c’est gros, plus on y croit. Et j’ai entendu dire que Jupiter était méga obèse.
Excelsior.